La méthode
Ce jeu vous montre de vraies annonces et vous demande d’en deviner le prix. Pour que ce soit un jeu honnête, il faut que vous sachiez ce qui vous est montré, ce qui vous est caché, et comment les points sont comptés. Cette page le dit en entier, sans rien arrondir.
D’où viennent les voitures
Les annonces sont collectées via l’API Browse d’eBay, l’interface officielle qu’eBay met à disposition pour consulter son catalogue. Ce n’est pas de l’aspiration de pages : c’est le canal prévu pour ça, avec une clé d’application et des quotas.
Onze places de marché sont interrogées : France, Allemagne, Italie, Espagne, Pays-Bas, Belgique, Irlande, Autriche, Royaume-Uni, États-Unis et Suisse. Cette diversité n’est pas décorative — elle change le jeu. Une berline diesel de 2015 ne vaut pas la même chose à Munich et à Toulouse, et c’est précisément ce décalage qui rend une manche intéressante quand le drapeau du pays s’affiche.
Les prix hors zone euro sont convertis au moment de la collecte, à partir des taux de référence quotidiens de la Banque centrale européenne, obtenus via l’API publique Frankfurter. Si cette source est indisponible au moment de la collecte, l’import se rabat sur des taux de secours figés — et le prix vaut alors ce que vaut leur date.
Le prix converti est ensuite figé avec l’annonce : il est enregistré en euros et n’est jamais reconverti par la suite. C’est un choix délibéré. Si la conversion se faisait à l’affichage, le prix à deviner changerait au fil des cours, et deux joueurs répondant à un mois d’intervalle ne joueraient pas la même partie.
Ce qui est écarté automatiquement
Une place de marché généraliste vend aussi des pièces détachées, des miniatures, de la documentation et des épaves. Un filtre passe avant toute chose et rejette :
- ce qui n’est pas une voiture vendable — pièces, jouets, notices, véhicules annoncés pour pièces ;
- les annonces de moins de 3 photos exploitables : on ne peut pas estimer un prix sur une seule image ;
- les prix hors de la fourchette 300 € – 500 000 € et les véhicules antérieurs à 1950 ;
- les kilométrages incohérents — 0 km sur une voiture de plus de trois ans, moins de 10 000 km sur une voiture de plus de dix ans, ou au-delà de 2 millions de kilomètres ;
- les doublons, y compris une même voiture remise en vente sous un nouvel identifiant ;
- et surtout : toute annonce dont le prix reste lisible quelque part après nettoyage. Sur celle-là, le filtre ne corrige pas, il jette.
Ce qui est retiré avant que vous le voyiez
Les descriptions d’annonces ne sont pas reprises telles quelles. Chacune passe par plusieurs transformations, pour deux motifs distincts : le respect de la vie privée des vendeurs, et la loyauté du jeu.
Pour la vie privée
- numéros de téléphone, adresses e-mail et adresses web citées dans le texte : retirés ;
- plaques d’immatriculation : retirées lorsqu’elles sont reconnaissables — format français ou britannique, ou toute plaque annoncée par son intitulé. Les plaques d’autres pays citées sans intitulé peuvent subsister, et celles visibles sur les photographies ne sont pas floutées ;
- localisation ramenée à la région — ni ville, ni code postal ;
- photographies ré-encodées en WebP, ce qui supprime au passage leurs métadonnées — dont la position GPS que les téléphones y inscrivent sans qu’on le leur demande.
Pour la loyauté du jeu
Le prix demandé est retiré de la description sous toutes ses graphies, et avec lui tout montant accompagné d’une devise ou d’un mot comme « prix », « tarif » ou « Preis ». Le masquage est délibérément large : mieux vaut une description un peu trouée qu’une description qui donne la réponse.
Il a une limite connue, et autant l’écrire : un montant posé sans devise ni mot-clé — « je pense en tirer 12 000 » — peut passer au travers. Le dernier verrou est ailleurs, et il est catégorique : si le prix demandé reste lisible quelque part après nettoyage, l’annonce est rejetée plutôt que corrigée.
Enfin, les descriptions rédigées dans une autre langue sont traduites en français à la main. C’est une relecture, pas un traitement automatique : une annonce récemment ajoutée peut donc encore apparaître dans sa langue d’origine.
Ce qu’un humain regarde
Le filtre automatique ne voit pas les images. C’est là que passent les épaves photographiées de loin, les intérieurs de coffre, les annonces dont la photo ne correspond pas au modèle annoncé, et les cas que personne n’avait prévus. Chaque annonce est donc examinée à l’œil avant d’entrer dans le jeu, une par une, sur une grille de vignettes.
C’est fastidieux et c’est assumé. Une annonce importée entre en attente et n’est jouable qu’après validation à l’œil : aucune n’entre dans le jeu sans être passée par cet écran, et celles qui ne conviennent pas sont écartées à la main. Sans cette étape, le corpus serait plus gros et le jeu serait moins bon.
Comment les points sont calculés
Une manche parfaite vaut 10 000 points. Ce qui compte n’est pas l’écart en euros mais l’écart en proportion : se tromper de 1 000 € sur une voiture à 3 000 € est une grosse erreur, la même somme sur une voiture à 60 000 € en est une petite. Le barème repose donc sur le rapport entre votre estimation et le prix réel, pas sur leur différence.
En dessous de 2 % d’écart, le score est plein. Demander mieux relèverait de la chance et non de la compétence : sur le marché de l’occasion, deux voitures identiques se vendent couramment à quelques pour cent l’une de l’autre.
Au-delà, le score décroît continûment. Il tombe de moitié quand votre estimation vaut environ 1,27 fois le prix réel, ou inversement 0,79 fois. Autrement dit : se tromper du double coûte exactement autant que se tromper de moitié. C’est voulu, et c’est ce qui distingue ce barème d’un simple pourcentage — sous-estimer de 20 % n’est pas symétrique de surestimer de 20 %, alors que diviser par deux l’est de multiplier par deux.
Il n’y a pas de palier ni de marche d’escalier : deux estimations proches donnent deux scores proches. En multijoueur, une réponse qui n’arrive pas avant la fin du chronomètre vaut zéro.
Les indices, et ce qu’ils coûtent
Vous commencez chaque manche avec les photos, le kilométrage, le pays, la marque et le modèle — plus, si l’organisateur de la partie l’a laissé actif, deux ou trois phrases du vendeur. Savoir qu’on regarde une Clio ne dit pas son prix : un même modèle s’échange du simple au décuple selon l’année et l’état.
| Palier | Ce qu’il ajoute | Score conservé |
|---|---|---|
| Base | photos, kilométrage, pays, marque, modèle, mini-topo | 100 % |
| Indice 1 | année, énergie, boîte, puissance, cylindrée | 80 % |
| Indice 2 | finition, carrosserie, nombre de portes, type de vendeur, région et description intégrale | 55 % |
Le type de vendeur et la région ne sont pas des détails : un professionnel n’affiche pas le même prix qu’un particulier, et une même voiture ne se négocie pas pareil selon la région. C’est pour ça qu’ils sont au second palier et pas au premier.
Le coefficient s’applique au score final de la manche, à un seul endroit du code. Deux points d’application, ce serait la garantie d’une incohérence tôt ou tard. Enfin, ce tableau décrit la configuration par défaut : le mini-topo et les indices eux-mêmes peuvent être désactivés dans les réglages d’un salon.
Pourquoi le prix ne peut pas être triché
C’est le point sur lequel le site a été conçu en premier, avant même la première ligne d’interface. Le prix réel ne quitte jamais le serveur avant la révélation. Il n’est pas caché dans la page, ni chiffré dans un champ, ni présent dans une réponse d’API que l’on pourrait lire avec les outils de développement du navigateur : il n’y est pas du tout.
Techniquement, le compte anonyme qui vous représente n’a aucun droit de lecture sur la table des annonces. Il ne peut voir que des vues publiques qui, physiquement, ne contiennent pas la colonne du prix. C’est le serveur qui compare votre estimation au prix et vous renvoie des points. Une manche déjà répondue ne peut pas être rejouée, et un indice déjà pris ne peut pas être annulé.
Ce que ce jeu n’est pas
Les prix affichés sont ceux demandés par les vendeurs à la date de la collecte. Ce n’est pas ce que la voiture s’est vendue, et encore moins ce qu’elle vaut. Un vendeur peut afficher n’importe quoi ; le marché lui répond ensuite, et cette réponse-là n’apparaît nulle part dans nos données.
Ce site n’est donc ni une cote, ni une estimation, ni un conseil d’achat. Si vous cherchez à évaluer une voiture pour de vrai, une cote professionnelle et l’avis d’un mécanicien vous serviront infiniment mieux qu’un jeu.
Ce que la méthode ne sait pas faire
Trois limites qu’il vaut mieux annoncer que laisser découvrir.
Les données viennent des vendeurs, avec leurs erreurs. La carrosserie, la puissance et l’année sont saisies par des particuliers dans des formulaires qu’ils remplissent vite. Une mesure sur le corpus a montré qu’environ une carrosserie sur trois est annoncée à tort : surtout des citadines et des compactes déclarées « berline », et quelques SUV. Notre lecture des libellés y contribue aussi, et c’est en cours de correction. Les erreurs évidentes sont rattrapées à la modération, les autres passent.
Le corpus n’est pas un échantillon représentatif du marché. Ce sont les annonces qu’eBay proposait au moment où on est passé, filtrées par nos propres critères de jouabilité. Aucune conclusion statistique sérieuse sur le marché de l’occasion ne peut en être tirée, et nous n’en tirons aucune.
Une annonce disparue reste dans le jeu. Les voitures sont vendues, les annonces expirent. Le lien vers l’annonce d’origine finit donc par ne plus rien donner — c’est normal, et c’est la raison pour laquelle la date de collecte accompagne le prix.
Une question, une erreur, une demande de retrait
Le détail des sources et des licences est sur la page Sources et attributions. Le traitement des données personnelles est décrit dans la politique de confidentialité. Pour tout le reste, y compris une demande de retrait d’annonce ou de photographie, l’adresse de contact est dans les mentions légales.